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Symphonie n°9 en mi mineur (op. 95) dite Du Nouveau Monde, rhapsodie in Blue, pour piano et orchestre De l’Ancien au Nouveau Monde. Autour de cette quête, de cette interrogation constante sur « l’identité » qui nourrit les compositeurs de la fin du XiXe et du début du XXe siècle, il y a celle du voyage qui anime les grandes pages de la musique symphonique. Un voyage, physique, d’Est en Ouest, un voyage intérieur, celui de la mémoire peuplée du souvenir de ces terres quittées et, un voyage musical où ces images prennent vie, tel fut l’odyssée sonore qui vint sous les doigts d’Anton Dvorak lorsqu’il quitta Prague pour New York. Cette musique qui incarne le tournant d’un siècle n’est pas seulement l’hôte privilégié de la nostalgie, elle habite aussi l’espoir et l’émerveillement face à ce Nouveau Monde, à ce Rêve Américain. La Symphonie Du Nouveau Monde témoigne de cette ambivalence des sentiments que tout nouveau migrant européen devait alors ressentir. La partition écrite par Dvorak reflète cette quête d’identité : la célébration des thèmes folkloriques d’Europe de l’est ainsi que celle inspirée des chants Sioux incarnent cette volonté de se donner un nouvel enracinement. La création de cette 9e Symphonie eut lieu au Carnégie Hall de New-York en 1893. C’est également à New-York que trente ans plus tard (le premier novembre 1923) le chef d’orchestre américain Paul Whiteman (dit parfois Pops) passe commande à Georges Gershwin, né Jacob Gershowitz à Brooklyn de parents juifs immigrants russes, d’une oeuvre concertante qui allait le propulser sur le devant de la scène. L’oeuvre est effectivement de celles qui firent plus pour la renommée de Gershwin « symphoniste de jazz » que ses Songs, encore mal connus alors en Europe.
Direction Philippe Fournier

