
- jules massenet
Il existe parfois des légendes qui ont la vie dure. Par exemple, celle qui consiste à ne voir en Massenet qu’un aimable compositeur d’oeuvres qualifiées à la hâte et par méconnaissance de « faciles », de « gentillettes » – voire pire encore… Paradoxalement, ce créateur fut pourtant l’auteur d’opéras le plus populaire qui soit. De plus, sa renommée, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ne se limite pas alors à notre pays. Bien au contraire, elle franchit les frontières, traverse les océans. A l’apogée de sa carrière, joué régulièrement aux Amériques, Massenet est également adulé en Italie ou en Belgique, célébré par l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie : c’est à l’opéra de Vienne, sous le règne de l’Empereur François-Joseph, que Werther est créé en 1892 ! Or, si actuellement encore, une partie du public français méprise Massenet, les Américains ont depuis longtemps réhabilité Le Cid, Thaïs, Hérodiade ou Esclarmonde, autant de sommets de sa production, au sein desquels le maître stéphanois tailla sur mesure des rôles terrifiants pour les plus grandes voix de son temps.

